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  • Conférence Nations Unies sur le Statut de la Femme

52ème session à New York- du 25 février au 08 mars 2008 AIPD-GL/CG/CP-0803 Communication de la Princesse Esther KAMATARI, Présidente de la communauté des burundais en France Membre de l’AIPD-GL**

Communication : Engagement des femmes pour la paix dans la région des Grands Lacs

Introduction L’Action Internationale pour la Paix et le Développement dans la région des Grands Lacs (AIPD-GL), Organisation internationale Non Gouvernementale (ONG) ayant un Statut Consultatif Spécial auprès des Nations Unies, dans sa vision du destin de la femme africaine, pense que son statut peut être amélioré plus vite et mieux que nous le pensons tous, parce qu’elle a toujours une place en Afrique malgré les violences, parce qu’elle joue un rôle prépondérant dans l’apaisement des peuples et parce que son activité influence positivement le développement durable. Toutefois, son avenir repose dans le rôle que nous voulons lui faire jouer et des moyens que nous pouvons lui offrir pour qu’elle préserve la place que la nature lui confère de procréer et de promouvoir dignement l’espèce humaine dans cette partie du monde. La paix du point de vue de la femme burundaise Pour la femme africaine, la paix est la situation qui doit régner autour d’elle, lui permettant de disposer des ressources élémentaires pour trouver une alimentation suffisante pour elle et pour sa progéniture, pour pouvoir vivre une paix morale, porteuse d’équilibre, et d’assurer la santé de l’enfant qu’elle porte et d’éduquer l’enfant qu’elle nourrit, … parce que de son point de vue, la paix n’est pas seulement une absence de conflit mais un mode de vie. Plus tard, lorsque la paix aura été consolidée, la femme aimerait prendre une part active à la vie sociale et participer aux décisions politiques qui affectent son existence propre autant que celle de sa progéniture. Vu sous cet angle, il y a peu de femmes au Burundi et dans les pays alentours, pouvant réellement parler de paix. Les indicateurs statistiques montrent que : 1. Sur le plan de la sécurité physique, o La fin des hostilités a donné lieu à un accroissement de la criminalité dans la région, en raison des milliers d’armes légères en circulation libre dans les pays ; o Les femmes, les enfants et les personnes âgées constituent les premières victimes des actes de violences d’après-guerre, en comptant le viol des femmes et des filles que les gouvernements en place n’ont pas le courage de punir.

2. Sur le plan social, o La décennie de guerre civile a détruit une grande partie des infrastructures de soins de santé de la reproduction (UNFPA) alors que le pays connait : • Un taux de fertilité de 6,8 enfants par mère (UNICEF) et une mortalité maternelle de 1.000 femmes pour 100.000 naissances vivantes (UNFPA) ; • Un faible niveau de naissances assistées par un personnel qualifié estimé à 25% (UNFPA) ; • Des allaitements de 85% d’enfants dont la durée est comprise entre 20 et 23 mois (UNFPA). 3. Sur le plan économique, o La précarité qui résulte des 10 années de guerre civile, au Burundi, fait que les mères ont perdu un accès à la terre et aux autres moyens de la production agricole ; o Les déplacements constants ont contribué à compliquer les conditions d’existence de la femme et de la famille, à les rendre encore plus vulnérables aux plans économique et politique, conduisant le Burundi au classement de169ème pays sur 177 selon l’indice de Développement Humain (IDH- PNUD) ; avec en 2005, une dette extérieure représentant 170% du PNB, et la proportion du service la dette extérieure par rapport aux exportations reprenant 87% de ce PNB (PNUD) pour le compte des exportations des biens et services. Ces quelques indicateurs montrent que la région des Grands Lacs ne connaît pas la paix après la guerre, et que le socle de la famille vît une instabilité qui aggrave tous les effets pernicieux de la guerre ouverte tels que le stress, l’insécurité et la précarité, à la suite de la disparition des maris, frères et garçons, privant ainsi les familles de leur présence et de leur soutien. Cette situation se traduit par un accroissement du nombre de femmes chefs de ménages, conduisant les mères à assumer seules les responsabilités de l’alimentation, l’éducation et la santé des enfants. Quelles actions d’engagement de la femme burundaise dans la prévention des conflits, le rétablissement de la paix et la reconstruction ? Dans ce contexte de crise, la femme burundaise essaie de structurer son action dans le cadre d’organisations féminines et mouvements associatifs permettant de récupérer certains aspects de la vie économique et sociale de leurs communautés. Cette prise de conscience contribue à la promotion de la paix et à la sécurité. Les organisations féminines burundaises existent depuis 1995, elles regroupent des Femmes Eprises de paix (1995), des Associations de Femmes pour la Paix, des Femmes pour la Paix, l’Equité et le Développement (1995), Assistance des Orphelins et Veuves du Génocide (1998). Depuis leur apparition, elles ont permis de combler dans une faible mesure les politiques sociales. Pendant la période des crises sociopolitiques, elles ont joué un rôle dynamique pour la mobilisation des populations sur les valeurs de la paix, et de l’opinion publique sur la gravité des effets sociaux et humanitaires des conflits. Elles ont organisé des initiatives de formation pour construire le dialogue, des visites dans des régions affectées par les conflits, et des débats politiques médiatiques visant à faire passer des messages de paix. Les initiatives menées par les femmes ont souvent permis de rapprocher des groupes aux seins d’associations. C’est qui a permis de réaliser plusieurs activités visant la culture de la paix ayant permis aux femmes de renforcer leurs capacités et de surmonter l’agressivité et à restaurer la solidarité.

Quelles qualités et quelles compétences de la femme burundaise, actrice de Paix ? L’éducation de base de la fille burundaise repose sur l’engagement et la détermination pour promouvoir une vie meilleure pour ses enfants, sa famille, sa communauté et son pays, la capacité de transcender les différences ethniques, régionales, religieuses et autres et de créer un climat de confiance pour tous et enfin, la détermination positive envers et contre tout. Pour conclure, La femme burundaise joue un rôle fondamental dans la promotion et le maintien de la paix dans la région des Grands Lacs, elle s’affirme comme le maillon incontournable de la chaine culturelle de transmission des valeurs de la société par la procréation, l’éducation et la transmission des valeurs de paix et de cohésion sociale. Pour lui permettre de jouer pleinement ces rôles, l’AIPD-GL lance un appel vibrant à la communauté internationale pour qu’elle lui apporte l’aide précieuse nécessaire à : (i) Sortir la femme des Grands Lacs de la situation d’isolement voire d’enclavement, à l’heure de la globalisation, pour vaincre la pauvreté, la faim et la maladie ; (ii) Encourager les associations féminines à se regrouper dans le but de créer un cadre de dialogue et de concertation au niveau local et national permettant d’échanger les expériences ; (iii) Créer des structures sociales pour la formation professionnelle, le partage de bonnes pratiques, la promotion de la solidarité le réseautage des initiatives ; (iv) Aider la femme et la jeune fille à prendre conscience qu’il y a un intérêt à assumer des responsabilités dans les cadres de décision et les activités politiques.


**ACTION INTERNATIONALE POUR LA PAIX ET LE DÉVELOPPEMENT DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS L’AIPD-GL est une organisation internationale non gouvernementale ayant un Statut Consultatif Spécial auprès des Nations Unies ,57, Bd de la Cluse – CH- 1205 Genève Téléphone : 004122 345 05 72 - Fax : 004122/345.05.72-Compte bancaire UBS 279-272434.40- Email : aipdcoordination@yahoo.fr mauricekatala@yahoo.fr